La barbe de Max Doré
- Équipe Max Doré

- 12 avr.
- 3 min de lecture
Ben oui. Ma barbe.

Je suis tellement habitué à la porter que, dans ma tête, j’ai presque l’impression d’être né comme ça. Pourtant non. J’ai une barbe depuis au moins 25 ans. Ce n’est pas rien. C’est presque une relation longue durée.
Au début, je n’étais pas à l’aise avec l’idée de porter une barbe. Un peu comme la première fois qu’un gars porte un habit, souvent au bal du secondaire : on se sent un peu ridicule, comme si on imitait un adulte, ou pire, son père. Et plus on se sent comme ça, plus le malaise s’installe. Plus on y pense, plus ça devient lourd.
J’ai donc longtemps flirté avec l’idée. Je la laissais pousser un peu, puis je la coupais rapidement avant une sortie officielle. Un petit aller-retour identitaire, disons.
Mais au fond, j’ai toujours aimé l’idée de la barbe. Je suis assez quétaine dans ma vision de l’homme. Si j’avais eu à vivre dans une autre époque, ça aurait sûrement été l’ère victorienne, autour de 1850. Bon, idéalement riche, parce qu’à cette époque-là, la seule vie qui semblait avoir un minimum d’allure, c’était celle de l’aristocratie. Cela dit, à bien y penser, la barbe n’était même pas vraiment à la mode à ce moment-là. Donc mon fantasme d’époque est un peu vide, mais il est là pareil.
Pour moi, un homme « vrai », c’est un mélange entre un Viking et un homme d’affaires des années 1920. Un père capable de construire sa maison d’une main, puis de flatter les cheveux de son épouse de l’autre. Quelqu’un de fort, oui, mais aussi de propre, de doux, de présent. Bref, un homme avec du fond et du style.
Revenons à la barbe.

Il y a environ 25 ans, j’ai finalement assumé mon amour pour elle. La mode m’a aidé, il faut le dire. À l’époque, il y avait soudainement une vague de barbe partout, probablement aidée par des shows HBO et tout l’imaginaire viking qui s’est remis à circuler. La culture populaire a rendu mon choix un peu plus facile. Je n’étais plus un extraterrestre. J’étais juste dans le vent.
Aujourd’hui, je ne me verrais plus sans. Je l’entretiens avec soin. Huiles, taille précieuse, attention constante. Même son blanchiment me plaît. Je trouve même le temps long avant d’être complètement blanc. Oui, j’ai hâte et pas hâte en même temps. C’est particulier.
Par contre, il y a une question qui me trotte encore dans la tête : est-ce que les femmes aiment vraiment la barbe autant qu’on le dit?
Je sais que plusieurs l’aiment. Pas toutes, évidemment. Mais j’ai toujours un petit doute sur l’usage concret de la chose. Un baiser ? Le reste ? Est-ce que c’est vraiment agréable pour tout le monde? Je me pose la question. Pas parce que je doute de la barbe, mais parce que j’aime faire plaisir. Et surtout, la propreté, pour moi, c’est important. Je ne crois pas que ce soit un problème, mais j’y pense.
Est-ce que je vais toujours avoir la barbe? Dire « toujours » sur quoi que ce soit, c’est un peu ridicule. La vie change. Les goûts aussi. Mais honnêtement, je crois bien porter la barbe jusqu’à la fin. Elle fait partie de moi maintenant. Peut-être même qu’avec l’âge, elle a encore plus sa place.
J’aurais aimé l’avoir plus longue. À chaque fois que j’essaie, je n’aime pas le résultat. Alors je reviens à ce que je connais, à ce qui me ressemble, à ce qui me va.

Voilà. J’aime ma barbe. Et qui m’aime me suive.
Max






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