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Je suis amoureux d'Amélie Nothomb.

Souvent, quand j'aime l'œuvre d'un créateur, d'un musicien ou d'un romancier, je m'efforce de ne jamais regarder ses entrevues. Pourquoi ? Parce que 9 fois sur 10, je suis cruellement déçu.


On vit dans une ère de plastique. Tout le monde essaie d'être plus fort, plus beau, plus riche que le voisin. Même la « vulnérabilité » est devenue une mode marketing. Il y a des tonnes d'artistes qui font semblant d'être vrais et écorchés pour vendre, mais si tu as le moindrement de pif, tu le vois que c'est complètement fake. L'épreuve de l'entrevue, peu d'artistes la passent


Mais au travers de cette jungle de folie, j'ai eu un choc. J'ai découvert Amélie Nothomb.


Max Doré est amoureux de Amélie Nothomb

Le talent, c'est une chose. La femme en est une autre.


Que cette romancière francophone d'origine belge soit bourrée de talent, ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Je ne surprendrai personne en disant qu'elle écrit bien. Non, ce qui m'a fait aimer et admirer cette femme, c'est elle. La vraie femme derrière la légende littéraire.


Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi connu être aussi brutalement vrai.


Il faut dire que sa vie n'a rien de banal. Élevée au Japon par son père, ambassadeur de Belgique, Amélie a tout fait pour être Japonaise. Le Japon, c'est son grand amour. Mais à son propre grand désarroi (et elle le dit régulièrement avec une franchise désarmante), elle a échoué.


Le miroir brisé


Ce qui émane d'elle, c'est sa vision d'elle-même, qui est complètement décalée de la réalité. Amélie a une piètre opinion d'elle-même, couplée à une haine tenace de sa propre apparence. Quand elle était jeune, sa grand-mère l'a regardée et lui a lâché : « C'est dommage d'être aussi laide. » Des mots qui laissent des cicatrices que même des millions de livres vendus ne peuvent pas effacer.



Amélie Nothomb fait partie de cette race très rare d'artistes qui n'ont jamais demandé à être connus. Elle a simplement fait la seule chose qu'elle savait faire, et elle l'a faite à merveille.


Une dichotomie vivante


Elle a un respect pour son public qui frôle l'obsession. Amélie répond à TOUTES les lettres qu'elle reçoit. Une par une. À la main. C'est un travail de moine qui lui prend quelques heures PAR JOUR.


Et puis, il y a ses paradoxes magnifiques. Tu regardes cette petite femme au look gothique (toujours en noir, avec ses grands chapeaux) et tu te dis qu'elle doit écouter du Depeche Mode ou du Georges Brassens en buvant du thé. Pantoute ! ELLE EST FOLLE DE TOOL. Le groupe de métal progressif américain. Elle trippe tellement fort qu'elle a déjà exigé que ce soit du Tool qui joue à ses funérailles.



Le charisme de la vérité


J'ai écouté absolument toutes les entrevues qu'elle a données, et j'en redemande. Sincèrement, elle ne me plaît pas physiquement, mais je comprends aujourd'hui ce qu'est le véritable charisme, parce que je suis tombé amoureux de son âme.


Son amour pour le champagne est mythique. Ses récits de voyages sont tous plus bizarres les uns que les autres. Mais tout ça est servi avec une vérité déroutante, sans aucun filtre de relations publiques. À presque chacune de ses entrevues, tu sens sa voix trembler, elle verse une larme ou presque.


On sent un énorme mal de vivre chez Amélie Nothomb. C'est peut-être ça, le vrai fardeau de l'artiste :


souffrir en silence pour réussir à amuser, émouvoir et sauver les autres.

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