Demande pardon : La fois où l'instinct de loup de Max Doré a repris le dessus devant son fils
J'ai un passé dans lequel être un loup, un mâle alpha, était essentiel. C'était même vital. Dans cet univers-là, le premier qui baissait les yeux était perdant, voire en danger.

J'ai longtemps cru qu'en quittant ce monde, en devenant entrepreneur et père de famille, je redeviendrais simplement un homme doux. Et c'est vrai que, dans la majorité des cas, j'ai perdu cette violence sourde qui a régné sur ma jeune vie d'adulte. Je l'ai remplacée par le monde des affaires, la création, et l'amour de ma famille.
Mais il y a des exceptions. Voici l'une des fois où le loup s'est réveillé.
Des valeurs gravées dans le béton
J'ai des valeurs très ancrées, des règles non négociables. Pour moi, le Gros Bon Sens veut qu'un homme ne touche jamais à une femme sans son consentement. Et on ne touche encore moins à une adolescente ou à une enfant. C'est viscéral. C'est une vision de la vie, du respect et de la masculinité que je me fais un devoir d'enseigner à mon fils.
Mais ce soir-là, je ne sais toujours pas si je lui ai donné la bonne leçon.
La scène : Un café, un chocolat chaud et 15 gars
J'étais en plein milieu de mon aventure avec UNDZ. Mon fils avait 6 ans. Le soir, on avait notre petite routine de gars pour laisser sa maman relaxer : on allait ensemble dans un café local. Moi, je travaillais sur mon portable avec un thé, et lui, il jouait sur sa tablette en buvant un méga giga chocolat chaud.
Devant le café, il y avait un centre de formation pour adultes. Souvent, les étudiants venaient y passer leur pause. Ce soir-là, il y avait au moins 10 à 15 hommes, entre 18 et 50 ans, tous étudiants en mécanique, assis en groupe pour jaser.
Mon fils et moi étions dans notre coin. L'ambiance était normale. Puis, soudainement, une jeune voix a brisé le brouhaha :
— « C'est vraiment pas gentil, monsieur ! »
Le silence est tombé. Un silence lourd, à couper au couteau. J'ai levé les yeux de mon écran. Une adolescente se tenait devant le groupe d'hommes, l'air profondément mal à l'aise. Les gars, eux, ne disaient pas un mot.
J'ai haussé la voix à travers le café : — « Qu'est-ce qui se passe ? »
La jeune fille m'a regardé et a répondu : — « Le monsieur m'a frappé une fesse quand je suis passée. »
L'odeur de cologne cheap et les deux gifles
Et voilà le moment où le loup est sorti du bois. Je me suis levé. Je me suis planté à quelques centimètres du gars en question. Il devait avoir 40 ans, il n'avait presque plus de cheveux sur la tête, et surtout... il affichait un air sincèrement suffisant. Un petit sourire en coin insupportable.
Je lui ai ordonné, assez fort pour que tout le café l'entende : — « Excuse-toi à la jeune fille. »
L'homme m'a regardé, surpris qu'on ose le confronter devant sa gang, et m'a répondu avec arrogance :
— « Pourquoi ? »
PAF.... Je lui ai donné une gifle. Une vraie. D'une telle force que l'odeur de son eau de cologne cheap m'a monté au nez.
Je l'ai regardé droit dans les yeux : — « EXCUSE-TOI. »
Il a bégayé : — « Mais pourquoi... ? »
PAF... Une deuxième gifle. Les 14 autres gars autour de lui regardaient le plancher. Personne ne bougeait. L'air était électrique.
— « EXCUSE-TOI ! » ai-je répété.
Son air suffisant avait complètement disparu. Il a fini par cracher : —
« Je suis désolé, madame... »
Le dilemme moral d'un père
Je suis retourné m'asseoir à ma table. Et c'est là que j'ai croisé le regard de mon fils de 6 ans. Ses grands yeux me fixaient.
C'est là qu'est mon dilemme. Je crois profondément que tout homme a le devoir de défendre les femmes face à l'inacceptable. Mais la violence physique ? Les gifles ? C'était clairement aller trop loin. Et mon petit gars était aux premières loges pour voir son père péter une coche.
Je me suis penché vers lui et j'ai essayé de faire du contrôle de dommages : —
« Écoute... C'est important de défendre les femmes, mon fils. Mais papa est allé trop loin tantôt. On ne doit pas frapper. »
Il m'a regardé avec un grand sourire innocent et m'a répondu : —
« NON ! C'était super !! »
Ah lala... J'ai mis ma tête dans mes mains. J'étais découragé. Quel genre d'exemple je venais de lui donner ? Le justicier impulsif ?
C'est alors qu'une petite voix s'est fait entendre à quelques tables de nous. C'était l'adolescente. Elle était assise, un peu plus loin, en sécurité.
— « Merci, monsieur. »
Encore aujourd'hui, des années plus tard, je repense à cette soirée. Je ne sais toujours pas quoi en penser. J'ai honte de ma perte de contrôle devant mon fils, mais quand j'entends le « merci » de cette jeune fille résonner dans ma tête... je me dis que parfois, le loup sert à quelque chose.







Commentaires