Max Doré — La Pire Job de Ma Vie: La Bibby Sainte‑Croix et mon hiver en enfer
- Équipe Max Doré

- il y a 5 jours
- 3 min de lecture
On a tous eu des jobs de merde. Ce genre de job où, quand le cadran sonne le matin, tu as juste envie de disparaître de la surface de la terre. Un peu comme les matins d'école des années 90, quand le cadran partait avec le buzz le plus stressant jamais conçu par l’homme. J’ai un sérieux beef avec les cadrans depuis toujours.
Ceci étant dit, installez-vous confortablement. Je vais vous raconter l’histoire de mon passage dans l’usine de Freddy Krueger : La Bibby Sainte-Croix.

Le Buffer de l'Enfer
J’avais 16 ans (oui, 16 ans !) quand j’ai décroché un poste de « Buffer » là-bas. Quand ta job porte le même nom qu’un outil, ça en dit déjà long sur ce qui t'attend. Pour ceux qui ne connaissent pas cette célèbre institution, imaginez une usine tellement vieille et mal entretenue que l’hiver, la neige tombe sur toi à l’intérieur. On aurait dit une espèce de compte de fées de Disney, mais version Middle Earth du Seigneur des anneaux.
Mon travail ? Meuler de la fonte à l'infini. À L’INFINI. Quand tu travailles là, tu finis par maudire les vendeurs de l'usine ; tu te dis qu'ils doivent être les meilleurs au monde parce que la pile de pièces ne descend jamais

Borne fontaine et les Grilles à cochons
Meuler des petites pièces de 2 lbs, c’est long et chiant. Mais quand arrivent les bornes fontaines... On parle d'un bloc de 50 lbs que tu dois meuler 200 fois par jour. C’est inhumain. On passait des grilles à cochons de 75 lbs aux bornes fontaines de 50 lbs en se demandant si on n’avait pas été téléportés en 1920 ou dans un épisode d'Oliver Twist.
Le pire, c'était l'heure du repas. Je regardais les « anciens » de l’usine. Des gars tellement maganés et malheureux qu’ils n’avaient même plus rien à se dire. Leurs visages étaient littéralement éteints, abattus par des décennies de grilles à cochons.

Le mélange satanique
Et que dire des Shell Core ? Pour mouler une borne fontaine, ça prend un moule. Ce moule est fait d'un mélange diabolique de sable et de produits chimiques qui te détruisent les poumons. Chaque fois que tu sortais un moule de la machine — qui ressemblait d'ailleurs au vibrateur de Belzébuth — tu recevais une puff chimique tellement forte que tu en pleurais.
Je comprenais enfin pourquoi les vieux étaient silencieux : ils sont rendus à l'état de légumes !
Mon salut : La balayeuse toxique
Finalement, j'ai trouvé ma place. La job qui m'était destinée : la balayeuse.
Le setup avait l'air épeurant, mais croyez-moi, c'était le paradis dans l'usine du devil. Ma job consistait à aspirer la poussière de moules (ultra toxique) en rampant en dessous des ponts roulants de l'usine.
Les premières minutes, tu rampes vers ton poste en te disant « WHAT THE F*** ?! », mais tranquillement, la chaleur des machines et le silence des lieux finissent par t'apaiser. C'était tellement tranquille que je ne voulais plus sortir de là. Je suis convaincu qu'il y a encore des gars de mon époque cachés là-dessous !
J’ai survécu 3 mois à La Bibby. C’était amplement suffisant pour Max Doré. Ça m’a appris une chose : le « Gros Bon Sens », c’est aussi savoir quand sacrer son camp d’un trou à rats.
– Max






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